Rencontre Cinéma et Psychanalyse- L'épreuve du feu de Aurélien Peyre-

Rencontre Cinéma et Psychanalyse- L'épreuve du feu de Aurélien Peyre-

Nous avons le plaisir de partager avec vous l'invitation de Amélie de Cazanove, Léopoldine Lalu et Bernard Touati qui proposent trous fois par an des rencontres autour d'un film en présence de son auteur.
Vous trouverez toutes les informations pour vous renseigner et vous inscrire en cliquant sur les liens ci-dessous.
Chers Amis,
Nous sommes heureux de vous retrouver pour une nouvelle rencontre cinéma et psychanalyse, autour d’un premier film qui a le goût des étés qui commencent dans l’insouciance…
Noirmoutier, une bande d’amis, un amour qui détonne et bouleverse les équilibres... Sous le soleil des vacances, les regards se durcissent, les hiérarchies se révèlent et la chronique se transforme peu à peu en conte cruel du passage à l’âge adulte.
Aurélien Peyre nous présentera L’Epreuve du feu, un film subtil et mordant sur le sentiment amoureux, le désir d’être accepté, quand on ne sait pas encore très bien qui l’on est soi-même…
Le Mercredi 14 octobre 2026, à 20h30
Au Studio des Ursulines,
10 rue des Ursulines, 75005 Paris.
Avec L’Epreuve du feu,
De Aurélien Peyre, en sa présence.
Vous pouvez d'ores et déjà réserver vos places sur le site du Studio des Ursulines via le lien ci-dessous
Nous espérons vous retrouver nombreux pour cette nouvelle rencontre !
Amélie de Cazanove, Léopoldine Lalu et Bernard Touati
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Depuis toujours, Hugo passe ses vacances de juillet-août sur l’île de Noirmoutier. Mais l’été que filme Aurélien Peyre dans son premier long métrage, celui de ses 19 ans, ne ressemblera à aucun autre. D’abord parce qu’il y débarque avec Queen, sa petite amie qu’il a rencontrée voilà peu, esthéticienne dont la verve et l’excentricité détonnent avec sa timidité. Ensuite parce qu’Hugo s’est métamorphosé physiquement au point que ses potes peinent à reconnaître celui dont ils ont toujours moqué, jusqu’à le harceler, le surpoids. Auteur en 2018 d’un moyen métrage Coqueluche (primé au festival de Brive-la-Gaillarde) basé sur un point de départ identique, Peyre raconte ici avec une grande finesse la violence du groupe face à l’individu empêtré dans ses complexes et l’incapacité de ce dernier de guérir de son statut de victime, prêt à tout pour se faire accepter par des gens qui ne l’aiment pas, quitte à blesser la seule qu’il aime vraiment.(…)
Et le cinéaste réussit à faire de Noirmoutier le terrain de jeu idéal pour ce huis clos à ciel ouvert, où une tension sourde domine le récit. Sans qu’on devine à quel moment les non- dits, les petites et les grandes humiliations vont faire imploser le vernis qui recouvre cet été qui est aussi le choc entre deux classes sociales, celle populaire d’Hugo et la grande bourgeoisie de ses vrais faux-amis. Mais L’Epreuve du feu frappe surtout par la qualité d’écriture de ses personnages et sa manière de bousculer les priori, y compris chez les spectateurs.
Thierry Chèze, Première
 
Ce n’est pas un film d’adolescence parce qu’ils en sortent. Queen travaille, Hugo, imagine-t-on, étudie, comme ses potes qui le sont si peu. Garçons et filles de très bonne famille, attirants, séduisants, menaçants, effrayants tant ils ressemblent à ce que la société contemporaine peut produire de pire dans le cynisme cool, l’absence d’émotions, la cruauté tranquille, le déni de l’autre.
Hugo et Queen passent donc d’une épreuve à l’autre, dans ce jeu de massacre, cette « Épreuve du feu » consistant à former pour la première fois un couple à la face du (petit) monde, trop peu sûrs de leur propre identité, surtout lui. La jeune fille du Sud, voyante, qui lance des « pétard » sonores comme des pets pour ce petit cercle bourgeois jusqu’au bout de la planche de surf ou du manoir de papa et maman, sait d’où elle vient, et pourrait servir de prise de terre à ce garçon lunaire qui, contrairement à elle, n’a pas fini de grandir.
Vous ne croiserez pas le moindre adulte dans ce film. On s’en rend à peine compte. Où sont-ils partis? Il n’y a plus personne quand vous approchez ou dépassez la vingtaine. Démerdez-vous ! Un parti pris de scénario et de mise en scène remarquable. Pas d’âme qui vive, pas de témoins non plus dans ce jeu dangereux d’une meute de post-adolescents aussi carnassiers que de jeunes lions et lionnes, ou plutôt des hyènes. 
Un premier film d’un cinéaste, Aurélien Peyre, qui sait manifestement et brillamment où il va, magnifiquement éclairé par une image d’après la pluie, aux contrastes très forts, du grain de la peau aux chemins de l’île. C’est très beau à regarder, et ça serre le cœur comme ces amours d’été où l’on n’a rien compris et tant appris. Il n’y a pas mort d’homme. Que c’est dur d’en devenir un.
Yves Jaeglé, Le Parisien